Que laisse présager une édition des Total 24 Hours of Spa en automne en termes de prévisions météo ?

14 Octobre 2020

Depuis l’annonce des Total 24 Hours of Spa 2020 du 22 au 25 octobre, la météo est un sujet de conversation récurrent parmi les fans. 

Ceci dit, cela n'est pas nouveau: la météo est toujours un facteur déterminant pour les concurrents, les commissaires et les passionnés. La pluie, en particulier, fait toute la spécificité de Spa, au même titre que l'Eau Rouge ou les Ardennes.

Mais le passage à une édition en automne a placé le débat portant sur la météo à un autre niveau. De l’avis général, il devrait y avoir cette année durant la course plus de pluie que jamais, et il est même question de chutes de neige sur Spa-Francorchamps pendant la semaine. 

Ces prévisions sont-elles exactes ? Nous avons fouillé dans les données statistiques pour évaluer ce que les Total 24 Hours of Spa 2020 pourraient réserver.

La température

Commençons par des évidences. Sans surprise, la course se déroulera cette année sous des températures plus basses que ce à quoi nous sommes habitués. La moyenne pour juillet est de 18,4°C, tandis qu'en octobre elle est de 14,9°C. En termes de maximales, nous sommes en juillet à 23°C contre 19°C en octobre, il fera donc certainement quelques degrés de moins lors de l'édition d'automne.

Les changements de température ont un impact significatif pour les concurrents. Ce n'est pas flagrant sur les images télévisées, et c'est donc rarement un sujet de conversation de premier plan, mais les ingénieurs y porteront certainement une attention toute particulière.

En évoquant les températures, la course de l'année dernière a établi un record. Le mercure a dépassé la trentaine de degrés durant la semaine de course, donnant à Spa une couleur presque tropicale. Puis, le jour de la course, le ciel s'est ouvert et le circuit a été détrempé. Ce qui conduit d’ailleurs au principal point d’intérêt... la pluie.

La pluie

Spa ne serait pas Spa sans pluie. Le circuit à lui seul est suffisamment exigeant, mais c'est le microclimat local  (avec des averses à une extrémité de la piste et du soleil à l'autre) qui fait des 24 Heures un défi vraiment unique à relever.

Il pleut tous les mois dans la région, donc une course sur piste mouillée n’est certainement pas à exclure cette année. Il existe cependant une différence fondamentale. Le type de déluge qui suit une période de chaleur intense (comme ce fut le cas en 2019) n'a pas tendance à se produire en automne. La pluie d'octobre est généralement plus fine et persistante, très différente des pluies torrentielles observées pendant les mois d'été.

Ainsi, en juillet le niveau moyen de précipitations est de 73,5 mm, contre 68,9 mm en octobre. Le nombre moyen de jours de pluie est plus faible en juillet (14,3) qu'en octobre (15,7), ce qui signifie que plus de précipitations se produisent en moins de temps. Cela s'explique par la moyenne nationale mensuelle des jours d'orage, en octobre 7,7 et en juillet, 13,3. En effet, octobre est un mois relativement sec dans la région de Spa-Francorchamps, comparable en termes de précipitations et de températures au mois d’avril.

La pluie demeure donc fort probable cette année, tandis que les orages le sont moins. En dépit de tout cela, les pneus Pirelli ne manqueront pas dans les Ardennes en octobre.

La neige

La météo a lancé quelques défis d’envergure ces dernières années, de la chaleur étouffante aux pluies torrentielles. Néanmoins, nous n'avons pas été confrontés à la neige. Un tel épisode était presque impossible avec des 24 Heures traditionnellement organisées en juillet ou occasionnellement en août. Mais en passant à une épreuve en octobre, cela suggérerait-il  que nous pourrions faire des bonhommes de neige dans le paddock cette année ? 

Statistiquement, c'est peu probable. En Belgique, entre les mois de mai et octobre, la tendance n’est pas à des chutes de neige significatives. Cela est plus courant de décembre à février, avec une moyenne de cinq jours de neige par mois. Donc, si les 24 heures sont organisées pour Noël, nous devrons peut-être envisager des GT3 4X4. Durant mars, avril et novembre, on compte environ 2 à 3 jours de chutes de neige par mois. 

En conclusion, octobre est plus propice aux chutes de neige que juillet, c’est assez évident. Ce n'est pas particulièrement probable, mais il y a fort à parier que ces informations seront prises en compte lors des préparatifs, en amont de l’épreuve. Au fait, Pirelli a-t-il produit un pneu neige?

Les dernières prévisions

Même en étudiant les tendances des années précédentes, difficile de prédire exactement ce à quoi il faut s’attendre trois mois avant la course. En fait, à Spa il est souvent difficile de prévoir ce qui va se passer trois minutes plus tard. Néanmoins, les statistiques indiquent que l'épreuve sera plus fraiche cette année, avec moins de risques d'orages et un très faible risque de neige. 

Indépendamment de ces prévisions, la météo pimentera encore un peu plus ce qui promet d'être un automne extraordinaire avec les Total 24 Hours of Spa.

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